Le SaaS n’a pas dit son dernier MRR (2/2)

Pourquoi ton client continuerait de payer ton SaaS? đŸ€”

La semaine passĂ©e, on a regardĂ© ce que l’AI change dans la business d’un SaaS.

Ton client a plus d’options, tes concurrents peuvent construire plus vite, tes revenus sont davantage Ă  justifier. Ton Ă©quipe a aussi de nouveaux moyens pour faire sa place lĂ -dedans.

Okay. On fait quoi avec ça?

On commence par répondre à :

Pourquoi ton client continuerait de payer ton SaaS?

Y’a encore des bonnes rĂ©ponses. Mais ça vaut la peine de regarder lesquelles s’appliquent vraiment Ă  ton produit, Ă  tes clients, pis combien de temps tu peux compter dessus.

Voici la deuxiĂšme partie de mes rĂ©ponses au panel Anges QuĂ©bec : ce qui reste difficile Ă  remplacer, les façons d’adapter ton offre, et les Ă©quipes sur lesquelles je miserais.

Quels Ă©lĂ©ments fondamentaux du SaaS demeurent difficiles Ă  remplacer malgrĂ© les avancĂ©es de l’IA?

On l’entend pas mal, et y’a du vrai là-dedans :

Le UI, Ă  lui seul, devient moins dĂ©fendable. Une bonne partie de la valeur se trouve souvent derriĂšre—les donnĂ©es propriĂ©taires, la logique mĂ©tier, les intĂ©grations, la sĂ©curitĂ©, la conformitĂ©, la fiabilitĂ©.

La place que t'occupes dans la business du client

Tidemark a un cadre utile pour le SaaS : les control points. Les systĂšmes autour desquels une partie importante de la business du client s’organise.

Guillaume Falardeau de Leviat m’en parlait sur le pod. Il revient aussi sur le SaaS et l’AI dans sa prĂ©sentation rĂ©cente au Rivemont MicroCap.

Le cadre distingue trois formes de « gravité » :

  • Workflow gravity : ton SaaS est au cƓur du travail critique. Les dĂ©cisions, les rĂšgles d’affaires et les tĂąches passent par lui. Pense Ă  un logiciel qui coordonne les interventions terrain, de la planification jusqu’à la facturation. Le remplacer implique recrĂ©er toute cette mĂ©canique.

  • Account gravity : ton produit compte pour un dĂ©cideur haut placĂ© chez ton client. Par exemple, une directrice financiĂšre qui l’utilise pour ses dĂ©cisions, te fait confiance et le dĂ©fend Ă  l’interne.

  • Data gravity : tu es le system of record, la source de rĂ©fĂ©rence pour les donnĂ©es importantes et l’historique. Pense Ă  un systĂšme comptable qui contient des annĂ©es de transactions et l’historique nĂ©cessaire pour les comprendre. Pas pire jus de coude pour les dĂ©placer proprement puis reconnecter tout ce qui en dĂ©pend.

Les intĂ©grations peuvent renforcer ce workflow gravity. Pense Ă  Zapier : quand une entreprise s’en sert pour coordonner sa facturation, son CRM et son support, le remplacer implique de refaire fonctionner ces connexions & automations, avec leurs rĂšgles + exceptions.

Pour ton SaaS, regarde oĂč cette dĂ©pendance existe rĂ©ellement : dans le travail que tu coordonnes, auprĂšs des personnes qui dĂ©cident, dans les donnĂ©es dont d'autres systĂšmes dĂ©pendent. Ces forces peuvent se cumuler. Mais tu peux aussi avoir une bonne business en Ă©tant trĂšs solide sur une seule.

Une autre plateforme peut hijack la relation client

Le hic, c’est qu’un concurrent AI-native peut gagner de la place sans remplacer ton SaaS au complet.

Une couche agentique peut se brancher à ton systÚme et à quelques autres, réunir leurs données, puis coordonner le travail. Ton client commence à passer par elle pour poser ses questions, prendre ses décisions et lancer ses actions.

Ici, ton SaaS reste en place. Mais une autre plateforme devient son point d’entrĂ©e et peut capter davantage de son attention, de sa confiance... et de son budget.

J’ai parlĂ© avec quelques founders qui roulent ce playbook.

Ça mĂ©rite de s’y attarder avant de se rassurer trop vite avec :

❝

On a toute la donnée, hehe!

famous last words?

Une piste pour ton produit : devenir aussi un system of context. Fournir les donnĂ©es avec les connaissances nĂ©cessaires pour les interprĂ©ter et agir correctement : rĂšgles d’affaires, permissions, dĂ©cisions passĂ©es, exceptions.

Qui a le droit de changer cette information? Pourquoi ce client a un traitement diffĂ©rent? Qu’est-ce qui doit ĂȘtre approuvĂ© avant de passer Ă  l’étape suivante?

Une base de données contient pas automatiquement toute cette connaissance-là. Si ton produit la comprend, la garde à jour et permet aux agents de travailler avec, il leur fournit quelque chose de précieux.

Ça demande une vraie comprĂ©hension du mĂ©tier de ton client.

L’infrastructure sur laquelle les agents s’appuient

Quand un agent veut encaisser un paiement, envoyer un message ou déclencher une opération, il a besoin de services capables de faire la job.

Tu peux vibe-coder un outil qui les utilise. Reconstruire et opĂ©rer leur infrastructure, c’est une autre histoire.

Chez Twilio, ça implique les connexions aux opĂ©rateurs, le routage et la redondance. CĂŽtĂ© courriel, faut gĂ©rer la dĂ©livrabilitĂ© et la rĂ©putation d’envoi, among other things.

Certains produits deviennent la plomberie par laquelle les agents accomplissent des actions pour les clients.

Pour donner une idĂ©e de l’échelle, Zapier rapporte dĂ©jĂ  25 millions d’appels d’outils via son offre MCP, et plus de 150 000 personnes qui ont fait exĂ©cuter des actions par des agents.

Quand un agent ajoute une ligne dans un Google Sheet ou envoie un message dans Slack, il demande Ă  ces services d’effectuer l’action. Google Sheets enregistre la donnĂ©e; Slack livre le message. Ton client peut passer par son agent pendant que ces logiciels continuent de faire leur part de la job.

Pour ton SaaS, ça ouvre une possibilitĂ© intĂ©ressante : moins d’humains qui cliquent dans ton interface, mais davantage de travail (actions) qui passe par ton produit.

Ça rejoint l’image de Matt Biilmann, de Netlify : des SaaS founders qui deviennent des dev tools founders. Tu dĂ©veloppes maintenant aussi pour les agents de tes clients.

Sure, il reste une interface quelque part pour comprendre, vĂ©rifier et approuver leur travail. Mais selon ton client, ça se peut que ce soit une conversation avec un agent dans Slack, une session Codex, ou un petit UI maison qui s’ajuste Ă  son besoin.

Ça rend pas ton service irremplaçable : un agent peut aussi utiliser celui d’un concurrent. La valeur Ă  dĂ©fendre reste ce que tu permets d’accomplir, avec quelle fiabilitĂ© et Ă  quel coĂ»t.

L'opportunitĂ© "SaaS" intĂ©ressante avec l’AI : attaquer des problĂšmes plus profonds, coĂ»teux, pleins de contraintes rĂ©elles. Ceux oĂč ta connaissance du mĂ©tier et ta capacitĂ© Ă  livrer une architecture fiable font une vraie diffĂ©rence.

Basically : la barre pour mériter ton ARR a monté.

On dit Ă  la blague que lorsque Claude dĂ©voile une nouvelle feature, 1000 startups meurent. Comment Ă©valuer la pĂ©rennitĂ© d’un avantage concurrentiel?

La triste réalité :

Si ton client est déjà pro-adoption-AI, capable de déployer Claude dans sa compagnie et que Claude fait facilement, rapidement, à bon prix TOUT ce que tu fais, il pourrait ne plus avoir de raison de te payer.

Si c’est ton cas, ça va prendre un bon talk avec ton miroir, tes cofounders, ton CA. Claude est l’exemple ici; le raisonnement s’applique aux autres plateformes aussi.

Mais avant de conclure que ton client peut te remplacer, regarde ce que « faire la mĂȘme job » implique chez lui. Sept trucs Ă  vĂ©rifier.

1. La fonctionnalité est reproduite en surface.

La dĂ©mo est convaincante, mais il manque du contexte, des donnĂ©es, des contraintes ou une comprĂ©hension des enjeux pour faire correctement le travail. Reprends un vrai cas du client, avec ses exceptions, et regarde jusqu’oĂč l'AI gĂ©nĂ©rique se rend. Si Claude fait juste 60 % de la job, le 40 % restant peut encore justifier tout ton abonnement—surtout si c’est la partie critique pour ton client.

2. Le client prĂ©fĂšre que tu t’en occupes.

Il pourrait le faire avec Claude, sure. Mais il peut aussi juger que gĂ©rer les exceptions, maintenir les intĂ©grations, corriger les bugs et surveiller les permissions est une mauvaise utilisation du temps de sa team.

Payer ton abonnement lui permet de dĂ©lĂ©guer ces problĂšmes et de se concentrer sur son core business. CoĂ»t d’opportunitĂ© Ă  calculer, toujours!

3. Ses exigences sur les données sont pas remplies.

L’AI roule sur des GPUs mais se dĂ©ploie dans des businesses rĂ©glementĂ©es. L’endroit oĂč les donnĂ©es sont hĂ©bergĂ©es et traitĂ©es, la juridiction et ce que le fournisseur peut en faire : tout ça peut rendre une solution incompatible avec les exigences du client. Y’a du monde qui mettent leur job et rĂ©putation en jeu en approuvant ça!

4. Son organisation est pas encore prĂȘte Ă  l’adopter.

MĂȘme si la technologie convient, il faut que la direction et les Ă©quipes soient ouvertes Ă  l’AI, aient confiance dans son usage et acceptent de revoir leurs façons de travailler. Ça demande de la gestion du changement : former le monde, Ă©couter leurs craintes et leur laisser du temps pour prendre de nouvelles habitudes.

5. La migration représente une vraie job sale.

TransfĂ©rer les donnĂ©es, l’historique et les rĂšgles d’affaires, puis vĂ©rifier que tout fonctionne : ça a un coĂ»t. Ton client peut prĂ©fĂ©rer garder un systĂšme qui fait dĂ©jĂ  la job. Tant que cette friction est lĂ©gitime et vient pas d’un dark pattern pour le verrouiller chez toi.

6. Il te fait confiance pour la suite.

Il croit que tu as ses intĂ©rĂȘts Ă  cƓur, que tu vas rĂ©pondre prĂ©sent quand ça va mal et que ton produit va continuer de s’amĂ©liorer. Ça feel un peu sentimental, mais des fois ça pĂšse pour vrai. Surtout quand cette confiance s’est construite Ă  travers des problĂšmes que vous avez rĂ©glĂ©s ensemble.

7. Le coĂ»t complet—ou la vitesse—favorise encore ton SaaS.

Selon le montage, il faut additionner l’abonnement AI, les tokens et appels d’outils, l’intĂ©gration, la maintenance et les heures humaines pour superviser ou reprendre le travail. Il faut aussi regarder combien de temps ça prend pour obtenir un rĂ©sultat utilisable.

Une solution peut ĂȘtre capable de faire la job et rester trop chĂšre ou trop lente pour ce besoin-lĂ .

Jev, le nouveau modÚle de TypeSafe, est intéressant pour ça : tu lui donnes du contexte et une question ciblée, il retourne un choix ou un score avec des probabilités. TypeSafe rapporte de gros gains de vitesse et de coût face aux LLMs testés sur ces tùches. Je risque d'écrire là-dessus éventuellement.

Ces raisons ont pas toutes la mĂȘme durĂ©e de vie. Une migration compliquĂ©e peut devenir plus facile. Une Ă©quipe peut apprendre Ă  dĂ©ployer des agents. Les coĂ»ts peuvent changer.

Pour ton SaaS, l’exercice, c’est de comprendre quelles raisons de te payer risquent de disparaütre à mesure que l’AI progresse, et lesquelles tu peux continuer à renforcer.

Comment les entreprises Ă©tablies et les startups s’adaptent-elles Ă  cette transformation?

‱ Repartir du problùme que tu rùgles

Avant de rajouter un chatbot, un MCP ou un agent dans ton produit, ça vaut la peine de revenir aux bases : quel problĂšme tu rĂšgles, pour qui, et comment l’AI t’aide Ă  mieux le rĂ©gler?

Si ta direction actuelle permet encore de bĂątir une entreprise profitable ou d’aller chercher la croissance que tu veux, avance. Si tu vois surtout de la stagnation, du dĂ©clin ou un dead end, faut rĂ©viser. Peut-ĂȘtre attaquer un autre problĂšme pour les mĂȘmes clients? Ou le mĂȘme problĂšme pour d’autres clients?

En 2026, tu construis sur des sables mouvants : les modÚles deviennent de plus en plus capables, les outils avec lesquels tu développes changent, tes concurrents se multiplient. Ta vision et tes décisions produit doivent évoluer à mesure que tu apprends.

Still, le rythme de changement reste Ă  doser selon ton marchĂ©. Tes clients ont leurs propres attentes et contraintes; ils ont pas nĂ©cessairement envie de rĂ©apprendre Ă  travailler Ă  chaque nouvelle annonce d’un lab d’AI.

‱ L'agilitĂ© des startups, sur stĂ©roĂŻdes

Les startups ont les avantages classiques d’une petite Ă©quipe qui part de zĂ©ro, amplifiĂ©s par l’AI. Moins de dette hĂ©ritĂ©e, moins d’habitudes Ă  changer, moins de clients Ă  faire migrer.

Mais cette libertĂ© dĂ©passe le code. Tu peux repenser le produit au complet, le modĂšle d’affaires, les unit economics... sans traĂźner dix ans de codebase et de contrats.

Tu peux évidemment aussi construire ton positionnement autour des irritants des solutions existantes.

Les SaaS ont fait ça face aux contraintes des logiciels on-prem. LĂ , tu peux partir AI/agent-native jour un, avec du monde qui veulent utiliser ces nouveaux outils et bĂątir des solutions modernes.

La grosse bĂȘte poilue reste le GTM. Construire plus vite rĂšgle pas automatiquement la distribution et les ventes. Pis y’a des incumbents qui ont encore le couteau entre les dents.

‱ Ajouter du service, de la relation humaine

J’en parlais en juillet dans Le retour (?) du service : l’AI peut permettre Ă  un SaaS de livrer plus de service sans faire grossir son Ă©quipe au mĂȘme rythme que ses clients. Les humains gardent le contexte, le jugement et la relation.

Je pense Ă  ce que je cherche chez un entraĂźneur mettons. Je veux quelqu’un qui me connaĂźt, comprend mes objectifs, avec qui j’ai du plaisir et une relation qui m’aide Ă  show up. L’expertise technique compte... mais la confiance encore plus. MĂȘme chose pour mon planificateur financier. Au-delĂ  d'accoter ou battre le market, je veux encore plus qu'il me comprenne, me conseille, me challenge.

Dans ta business, ça peut vouloir dire accompagner l’implantation, aider le client à mieux utiliser ton produit ou prendre en charge une partie du travail qu’il essaie d’accomplir. Faut que ça ait de la valeur pour lui et que tu puisses le livrer de façon rentable.

Les relations humaines peuvent se dĂ©velopper aussi autour du produit : une communautĂ©, une audience, des founders qui parlent directement Ă  leur marchĂ©, des trade shows, des Ă©vĂ©nements en personne. Tu apprends Ă  connaĂźtre du monde, et vice-versa. Cette confiance-lĂ  se copie moins facilement qu’une interface.

Tout est relatif, tho. Si le client est en mode survie financiĂšre, mĂȘme ta charmante personnalitĂ© et ton empathie risquent de pas suffire devant une CUT.

‱ Faire plus avec moins, pour vrai

Un exemple concret que j’aime : le product marketing chez Octav, avec Mathieu Baril et Luc Blackburn.

À chaque nouveautĂ© importante dans le changelog, un pipeline transforme cette nouveautĂ© en communications adaptĂ©es Ă  plusieurs formats : publications sociales, infolettre, communications directes aux clients et messages dans l’app. Y'a quelques annĂ©es, ça prenait legit une Ă©quipe pour faire tout ça comme du monde.

Pour Octav (et plusieurs autres), l’AI aide Ă  rendre visible le travail de l’équipe : montrer qu’on ship, faire connaĂźtre les amĂ©liorations, rester top-of-mind.

Un autre usage possible : faire de la veille concurrentielle et s’en servir pour gĂ©nĂ©rer des pistes de fonctionnalitĂ©s ou de positionnement. À recouper avec ce que tes clients demandent et la vision produit que tu as, sinon tu risques surtout d’accĂ©lĂ©rer ta capacitĂ© Ă  courir aprĂšs les autres.

Que devraient rechercher les investisseurs dans une entreprise SaaS propulsĂ©e par l’IA aujourd’hui?

Du cÎté investisseur, je reviens à quatre affaires :

  • Une vision claire, avec une thĂšse et un chemin pour y arriver.

  • De la drive : vouloir bouger vite, apprendre et ĂȘtre capable de changer d’opinion quand le marchĂ© Ă©volue.

  • Une aisance rĂ©elle avec l’AI. Être AI-fluent, c’est un prĂ©requis.

  • Une forte expertise de domaine. Comprendre une industrie de l’intĂ©rieur, ses problĂšmes et ses façons de travailler, c'est un plus gros edge qu'avant.

Faut que la team cofondatrice puisse clairement répondre à cette question :

Pourquoi tes clients vont continuer de te payer à mesure que les modÚles AI s'améliorent et sont plus adoptés?

RĂ©ponses shaky = drapeau rouge.

Dans une optique de gĂ©nĂ©rer des retours extraordinaires, je serais prudent avec les thin SaaS : un UI au-dessus de donnĂ©es faciles Ă  obtenir, ou quelques tĂąches de surface avec peu de profondeur mĂ©tier. Ça se copie, se dĂ©lĂšgue Ă  l’AI ou se reconstruit Ă  l’interne plus facilement.

MĂȘme prudence avec un SaaS horizontal peu diffĂ©renciĂ©. Les problĂšmes gĂ©nĂ©riques que toutes les entreprises ont, c’est prĂ©cisĂ©ment le genre de marchĂ© que les gros labs ont intĂ©rĂȘt Ă  couvrir avec leurs plateformes et leurs agents. Se positionner et acquĂ©rir des clients peut aussi ĂȘtre plus difficile que dans certaines verticales.

BTW, tu peux quand mĂȘme bĂątir une petite-moyenne entreprise rentable, thin ou horizontal SaaS. Mais tu peux peut-ĂȘtre juste pas 100x le chĂšque angĂ©lique avec ça.

Un SaaS horizontal m’intĂ©resse davantage quand il attaque des problĂšmes piquants : coĂ»teux, difficiles Ă  rĂ©gler, proches du cash, de la sĂ©curitĂ© ou de l’infrastructure. Des problĂšmes que la technologie disponible permet enfin d’attaquer sĂ©rieusement.

Et la probabilité de trouver une future licorne là-dedans?

All right, so this is not investment advice, pis j’ai pas fait assez de cash pour cutter des chùques d’anges à droite à gauche.

Perso, j’investis mon cash dans deux affaires : le marchĂ© at large via mon planif, pis moi-mĂȘme via ma business. Le premier parce que j’ai confiance en mon planif et en la diversification. Le deuxiĂšme parce que j’ai confiance en mes capacitĂ©s.

Donc honnĂȘtement, je sais pas si la probabilitĂ© licorne est plus ou moins forte qu'avant. J’ai pas assez de recul comme vrai investisseur pour trancher.

Je ferais toutefois attention au badge : atteindre un milliard de valorisation, conserver cette valeur et gĂ©nĂ©rer un rendement pour les investisseurs, c’est trois affaires diffĂ©rentes.

Si vous deviez donner un seul conseil aux dirigeants d’entreprises SaaS et un seul aux investisseurs pour rĂ©ussir dans cette nouvelle rĂ©alitĂ©, quel serait-il?

Pour les founders, j’en ai deux.

1) Movement is the only moat.

Sur une Ă©chelle de temps assez longue, c’est presque toujours vrai. Aujourd’hui, le rythme des changements compresse cette Ă©chelle.

Par movement, je veux dire apprendre et t’adapter dans ta tĂȘte, tes dĂ©cisions et tes actions. Être capable de changer d’opinion, puis de faire quelque chose avec ce que tu viens d’apprendre.

Sinon, ben prends soin de toi. Reste curieux ou curieuse. Apprends pis essaie constamment.

Y’a pu de lauriers sur lesquels s’asseoir.

2) Enjoy the ride.

Utilise l’AI dans ta vie perso et dans ta business. Profite du AI-possible pour stimuler ta curiositĂ©, ta crĂ©ativitĂ© et essayer des affaires qui semblaient hors-portĂ©e.

ApprĂ©cie tes teammates, tes clients, tes learnings, tes wins. Vis dans le futur, mais de temps en temps, force-toi Ă  savourer le prĂ©sent, mĂȘme si c’est pas ton rĂ©flexe #1.

De mon cĂŽtĂ©, j’essaie de pas passer mon temps Ă  ruminer des futurs lointains, utopiques ou dystopiques, sur lesquels j’agis pas. À moins de partir sur une generational ou presidential run, t’as pas tant de contrĂŽle lĂ -dessus.

Si t’es pour worry, do something about it.

Aux investisseurs : backez ceux qui suivent ces deux conseils. Du monde qui continuent d’apprendre et de s’adapter, pis qui apprĂ©cient ce qu’ils construisent et les personnes avec qui ils le font.

Et finalement, garde de la place pour la vie hors Ă©cran. On sait pas tout ce qui nous attend, avec l’AI ou autrement.

Ma version poétique de touch grass :

Regarde dans les yeux quelqu’un que t’as mis au monde, quelqu’un qui t’a mis au monde, ou quelqu’un qui veut dire le monde pour toi.

Pis dis-leur que tu les aimes!

—

Quelque chose à ajouter? Good. Laisse un commentaire ou réponds à ce courriel direct.

Cheers,

Frank đŸ’œ

Mon comptable prĂ©fĂ©rĂ© posait les questions đŸŽ€

Le 16 septembre, j'étais au Rendez-vous annuel d'Anges Québec pour un panel sur l'AI pis le futur du SaaS. Vous le savez, les deux derniers éditos sortent de là.

Le modérateur, c'était Jean Gabriel Crevier, cofondateur @ Le Chiffre. Mon comptable préféré, avec un micro et une liste de questions. Sur scÚne avec moi : Nicolas Bertrand et Marie-Laurence Lavigne-Couture.

J’ai eu du fun : des fans du pod, du monde qui Ă©taient Ă  la Conf, des founders ben smath. Mais vivre ça avec JG, partenaire de SaaSpasse depuis maintenant 3 ans, c’était cool!

Le Chiffre, c'est la compta, la fiscalitĂ© et le rĂŽle de CFO pour les startups et les PME techno du QuĂ©bec. Alors si jamais il te demande ce que l’AI change dans ton MRR, c'est pas juste de la curiosité  c'est sa job.

Merci pour l'invitation, Anges QuĂ©bec 💜 Et merci Jean Gab d’avoir modĂ©rĂ© la convo comme un chef.

Ton cap table te suit jusqu'à Toronto 🍁

Le post de la semaine de Guillaume Falardeau de Leviat Legal part d'une question qui pique : « Ça fait deux fonds de Toronto qui me disent qu'ils n'investissent JAMAIS dans des startups quĂ©bĂ©coises. C'est quoi leur problĂšme? »

Sa réponse : « C'est pas le talent. C'est pas le marché. C'est pas les fondateurs. C'est le cap table et les autres investisseurs qui sont dessus. »

Ce qu'un VC voit en ouvrant un deal quĂ©bĂ©cois, selon lui : une structure edgy, des termes foireux nĂ©gociĂ©s au seed, une couple de fonds para-gouvernementaux avec des clauses spĂ©ciales, des co-investisseurs qui se sont protĂ©gĂ©s au max sur une ronde de 500 k$. Avant mĂȘme de regarder la business, il sait que la prochaine ronde va ĂȘtre compliquĂ©e.

Deux raisons, d'aprÚs Guillaume. Beaucoup de capital d'amorçage vient de sources qui pensent pas strictement au rendement, chacune avec ses conditions, ses rapports, ses droits. Pis on négocie souvent le seed sans penser à la série A. Un veto agressif ou un full ratchet sur ta premiÚre ronde ferme des portes que tu vas voir juste 18 mois plus tard.

« Les termes que tu signes au seed vont te suivre un bon bout. » Mais se bloquer toute une province sur cette base-là? « Ce serait stupide à mon avis. »

141 rĂ©actions au moment d’écrire ces lignes. Son post le plus fort que j’ai vu Ă  date. Va voir toi aussi!

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