Ça se passait pas
De passager à pilote, en 5 vitesses

J'ai toujours assumé qu'y avait pas assez de marché pour du média spécialisé en tech au Québec.
Que ça se passait pas.
Trop dilué. Trop petit. Un peu de tech VC-funded à Montréal qui sort dans les médias, ouais. Mais rien pour justifier un brand axé là-dessus.
Durant mes années Snipcart et Duda, j'écoutais My First Million, Startups for the Rest of Us, Indie Hackers... par défaut. Me disais que c'était la meilleure affaire pour moi pis ma business.
Founders américains, anglos. Histoires de bootstrapping à profusion.
J'avais jamais pris le temps de m'ouvrir sur ce qui se faisait autour de moi, localement. J'avais juste assumé que c'était du petit stock pas assez cool. Looking back, je me trouve un peu piment d'avoir été aussi fermé sur ma propre scène. Je pense que d'être heads-down à Québec à commercialiser globalement vs dans notre province ça m'a voilé un peu.
De 2021 à 2023, de la vente de Snip jusqu'à ma démission de chez Duda, je l'ai pris pour vrai le temps de jaser avec des builders d'ici. Entre autre parce que j'avais besoin qu'ils me disent que j'étais cool pis bon d'avoir vendu ma compagnie. Mais au-delà du bref égo-soulagement de validation externe, j'ai découvert une scène vraiment plus awesome que je pensais. Pis mon assumption sur la tech au Québec a commencé à craquer.
J'ai vu mon ami Mathieu Dumont se faire acheter par Workleap. J'ai rencontré Simon, le cofounder, pis j'ai catché l'ampleur pis l'échelle de leur business. Je connaissais ça de loin seulement, vague idée de rampes de skate et de IT/HR.
J'ai eu un call avec Mathieu Allaire d'Agendrix. Bootstrapped, mucho MRR, grosse team, beau produit... pourquoi j'étais pas au courant que ça existait!?
Après j'ai rencontré Marc Campagna chez Oxio/gaiia dans un café—gros unlock. Ambition dans le tapis, esprit allumé, humilité dosée.
J'ai catchup avec Kimoby, Poka, Missive—des joueurs locaux que j'avais toujours respecté. Pis y'étaient rendus pas mal plus loin que ce que je pensais!
Pris le temps d'apprendre à connaître Sam Chenard, décortiquer son exit pis comprendre le pourquoi de sa prochaine startup.
À chaque conversation, le même pattern : ils étaient là tout le long, ces builders-là. Souvent invisibles entre eux. Définitivement invisibles à moi qui pensais connaître la scène.
Okay, donc mon assumption était fausse. La matière brute existait. Y'avait du maillage à faire.
Ça se passait plus que je pensais.
Aujourd'hui, je te raconte l'histoire de SaaSpasse à travers une lentille bien particulière :
Les vitesses de génération de valeur, en passant de la consommation jusqu'à la commercialisation.
Mon but c'est de te donner un modèle pour canaliser ton ambition, ton imagination, pis ta motivation à créer ou commercialiser quelque chose. Si toi aussi tu spot quelque chose qui manque dans ton coin du monde, ça va t'inspirer à boucher le trou pis faire des sous. :)
Les cinq vitesses
All right, voici le cadrage que je veux te pitcher.
C'est basically cinq vitesses de génération de valeur dans ton industrie ou ton coin du monde. Du moins coûteux en temps et énergie au plus coûteux. Du moins d'impact direct sur ton environnement au plus.
Un chemin pour s'approprier un problème, ouvert à tous.
1. Consommer
Tu lis, tu écoutes, tu regardes. Coût bas. Impact bas. Mais ton attention envoie un signal aux créateurs, aux compagnies, aux causes que tu encourages avec ton attention. Tu votes avec tes yeux pis tes oreilles.
Au moins, tu absorbes le langage, les concepts, les joueurs principaux d'une industrie.
Comme plusieurs, je roule en 1ʳᵉ vitesse pas mal souvent. Je compte pas la quantité d'épisodes de podcast sur les startups que j'ai écoutés. Drivé autant par ma curiosité que mon confort—c'est tellement plus facile d'écouter passivement que d'essayer de bâtir quelque chose activement.
Le piège : si tu restes là, tu génères pas grand valeur.
2. Commenter
Une vitesse de plus. Tu mets une touche de toi dans la conversation publique. Une réponse à une infolettre. Un commentaire sur un post LinkedIn. Un review sur un podcast.
Coût : marginal. Impact : du feedback direct à quelqu'un qui a pris le risque de créer.
Au moins, tu signales que t'existes dans la scène. Tu débroussailles des débuts de relations, tu ouvres des conversations qui peuvent débouler en opportunités... maybe.
C'est la vitesse où j'ai le plus sous-investi. Pas de raison spectaculaire derrière, juste de l'inertie—c'est plus facile de scroller que de prendre 30 secondes pour dire 'ça me rejoint' ou 'pas convaincu'. Si je suis honnête, y'a aussi un peu de peur du conflit ici. J'hais ça m'obstiner dans un fil de commentaires.
Le piège : si tu commentes jamais, t'existes pas pour les acteurs de ton industrie. Personne sait que t'es là, ce que tu penses, ce que tu cherches.
3. Critiquer
Là, tu prends position publiquement. Tu articules une opinion sur un enjeu, une thèse, un produit, une campagne. Tu prends le temps. Ça coûte plus!
L'impact : tu fais bouger le discours public d'un cran. Si c'est constructif, tu donnes un signal riche aux gens visés. Tu aides d'autres à se former leur propre opinion.
Au moins, tu forces ta propre clarté. S'exprimer publiquement avec intégrité intellectuelle, ça te demande de défendre ton angle, pis ça te révèle vite si tu maîtrises ton sujet ou pas.
Honnêtement, j'ai à peu près sauté cette vitesse. Mes critiques publiques ont été one-off, pas toujours constructives, souvent drapées dans l'humour. Pas de discipline ni de fréquence derrière. À ré-essayer un jour, avec plus de rigueur, peut-être.
Le piège : si tu critiques jamais, tu sous-développes un muscle important—ta capacité à comprendre un enjeu et défendre ton angle face à un auditoire qui peut te répondre.
Si j'ai skippé cette étape-là, c'est entre autres parce que j'ai investi pas mal dans la suivante ⬇︎
4. Créer
Tu amènes quelque chose dans le monde qui existait pas avant. Article, podcast, vidéo, design, software, événement, etc.
Coût : élevé en temps, en énergie, parfois en argent. Mais tu construis ta crédibilité, tu travailles tes skills, tu résous des problèmes—pis y'a quelque chose de gratifiant à voir exister quelque chose qui existait pas hier.
J'écris publiquement depuis l'université. Au départ, c'était juste pour me prouver que j'étais capable de le faire. Après, c'était pour faire du sens de ma vie, ou juste pour améliorer ma compétence.
Aucune commercialisation derrière. Pas full de plan. Artiste plus qu'entrepreneur.
Comme Rick Rubin le maestro du taste disait, tu veux produire de l'art pour toi d'abord. Pour exprimer ou comprendre ou explorer quelque chose qui t'inspire toi. Si ça résonne avec l'audience, tant mieux. Si non, c'était worth it de créer pour créer anyway.
Une ronde de création qui a changé la donne pour moi, c'est mon push pendant et après la vente de Snipcart. Voir les derniers articles sur flanthiernadeau.com—histoires, leçons, idées sur l'acquisition, la transition, la sortie, etc. J'ai été invité pour quelques talks et podcasts, too.
Ça a inspiré du monde. Généré des relations. Ouvert des portes que je voyais pas.
Éventuellement, ça m'a mené à l'épisode 1 du podcast SaaSpasse, début 2023. Petit studio dans la basse-ville de Québec. Un technicien de son que je connaissais pas. Micro trop proche de ma bouche.
Je me sentais comme un imposteur, une fraude... un peu un piment.
J'ai fermé les yeux pis freestyle. One take, baby! ...
Mégacringe à la ré-écoute. (Dead Obies sick raide en intro tho.)
Mais qu'est-ce que tu veux—faut ben commencer quelque part. Je le faisais d'abord pour moi, je pensais pas nécessairement commercialiser quoi que ce soit autour de ça au début. J'avais une intuition que peut-être ça aiderait côté carrière, mais rien de certain.
Le piège : si tu crées jamais, tu développes pas le muscle d'assembler des cossins from scratch—tu peux en parler, mais jamais en connaissance de cause. Pis tu franchis pas le gap essentiel de t'exposer publiquement.
5. Commercialiser
Là ça brasse.
Tu t'inspires de ce que t'as créé. Tu le package différemment. Tu le distribues. Tu le maintiens. Quelqu'un paye! Tu tournes ça en business soutenable.
Coût : maximal. Tu joues avec de l'argent réel, des engagements réels, du risque réel.
Impact : tu génères de la valeur qui se redistribue—jobs, services, opportunités directes pour les gens autour de toi. Tes clients. Tes employés. Ta communauté. Pis si tu joues bien tes cartes, tu accumules du profit perso, pour toi pis tes proches.
Au moins, tu testes si ce que t'as créé sert vraiment quelqu'un. Un échange volontaire d'argent contre ta création, c'est le signal le plus legit qu'y a une vraie demande.
Pour ce chapitre-ci de ma vie, j'ai commencé à penser à la commercialisation quand mon planificateur financier m'a dit :
Eille Frank c'est cool ton projet, mais tu sors pas mal de cash des placements depuis quelques mois... as-tu une idée quand tu vas en remettre?
J'ai fait du cash avec la vente, mais pas assez pour philantropier yolo jusqu'à l'AGI. Mon calcul de runway personnel a kickstarté ma commercialisation.
J'ai commencé à me dire "ça va être ma business, pas juste un hobby". Fallait que je me paye un salaire. Pis éventuellement, payer du monde pour m'aider. Pis pour payer du monde, faut de l'argent. Pis pour avoir de l'argent, faut que d'autre monde t'en donne. Pis pour ça, faut tu offres quelque chose qui les aide pour vrai...
J'étais gêné raide de demander de l'argent au début. J'avais entre autres pas catché que la qualité d'une audience peut valoir plus que sa taille.
J'ai été chanceux. J'ai vu un pattern récurrent dans ma vie se reproduire : du monde croire plus en moi que moi j'y croyais...
David de Baseline, Phil de Missive, les gars de Kimoby, Hoodi, Jean Gab du Chiffre—premiers à m'avoir fait confiance. Ça a payé pour eux. Donc ma confiance commerciale a monté, et j'ai vendu à d'autres!
Pis mon premier gros deal : Coveo! J'en reviens encore pas d'avoir eu la chance de collab avec une compagnie publique d'ici ~six mois après avoir lancé SaaSpasse.
Le piège : si tu commercialises jamais, ta création reste dépendante de ton runway perso, sans moyen de la faire vivre au-delà de toi. Pis tu génères rien qui se redistribue—pas de jobs, pas de services soutenus, pas d'opportunités pour le monde autour. À moins que tu sois artiste d'exception. Es-tu artiste d'exception?
Cinq vitesses. Chaque vitesse coûte plus cher que la précédente. Chaque vitesse permet plus d'impact si t'as l'énergie pour y monter.
Personne t'oblige à pousser. La route reste là, disponible quand t'as quelque chose à bâtir.
Saisons
Presque personne a le gaz au fond tout le temps. Y'a des saisons où tu fais de la maintenance : jeune parent, burnout, retour aux études, deuil, changement de carrière. Pis y'a des saisons où t'as l'énergie pour pousser : spark créatif, gros runway, support à la maison, fenêtre rare d'opportunité.
Pendant Snipcart, j'étais full vitesse 4-5. Après la vente, j'ai downshift un peu pendant un bout—beaucoup à processer. Depuis SaaSpasse, je repousse en 4-5 pas mal.
Ta vitesse cette saison-ci, ça dit rien sur celle de la prochaine.
N’en reste pas moins que c’est créer + commercialiser qui change ton coin du monde pour vrai.
Les vitesses 1-2-3 dominent ton quotidien. C'est OK, c'est le mode par défaut. Mais y'a des moments où ça paye de se mettre dans un environnement où tout le monde pousse en même temps.
Sans oublier…
PARLANT DE COMMERCIALISER.
Dans la vie de tous les jours, 80% du monde autour de toi est vitesse 1-2-3, et 20% vitesse 4-5. C'est correct pis toute. À la SaaSpasse Conf, le ratio s'inverse : 80% des participants en vitesse 5. Le genre de gaz au fond qui fait verdir les motards de jalousie.
SaaSpasse Conf, c'est littéralement la conf que je cherchais et trouvais pas. Single track, sérieux builders qui se prennent pas trop au sérieux, hidden gems sur le stage. Inspirée par Netlify/Jamstack Conf à NYC, Cabane à Québec, Microconf de loin.
Les autres confs tech finissent souvent diluées : pas de thème focalisé, plein de chats et contenus qui débouchent nulle part. Ici, t'es coincé dans une track unique avec d'autres builders qui ont faim.
Si ça t'allume tout ça, viens!
On a 93 billets Early bird moins cher, 65 déjà vendus.
Je travaille activement sur le branding et le site officiel. Ça va être dope, hâte de vous montrer ça.
Ça se passe pas à moitié!
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Cheers,
Frank 💜
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Dans cette capsule, Alain (Directeur Platform Engineering) et Samuel (Manager Infra) décortiquent comment Poka scale son SaaS manufacturier et pourquoi leurs devs veulent rester.
Il n'y a rien de plus satisfaisant que de trouver une solution simple à un problème complexe. C'est ça qu'on fait au day-to-day chez Poka.
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