Slop grenade
Message d'intérêt public pour comms AI 💣

J’avais un pas pire édito de prêt pour toi cette semaine.
Une entrevue sur la vente de software au gouvernement. Le B2G, pour les intimes.
Mais imagine-toi donc que c’est en attente d’approbation.
Très B2G, sike. En vrai, 100% ma faute.
Fait que j’ai pivoté cet édito vers un petit message d’intérêt public. Un PSA pour les intimes. Voyons, y’a donc ben d’intimité dans cette intro-là.
Check ça :
Un de mes amis plus intelligent que moi travaille dans une des plus grosses startups de vertical AI. Une compagnie qui grandit tellement vite que ça fait mal, avec une équipe pas mal sharp. Pis les attentes suivent. Ça 9-9-6 pas à moitié.
À l’interne, ils ont développé une petite norme sociale pour protéger leur attention collective.
Un emoji : 💣
(Le vrai emoji est custom et sous NDA, donc la bombe va servir de placeholder.)
Ils l’appellent la slop grenade.
Exemple : quelqu’un dompe dans Slack un long document ou un wall of text généré par l’AI. Aucun résumé. Peu de contexte. Aucune indication claire de ce que les autres doivent comprendre, décider ou faire avec…
💣💣💣
La petite grenade sert à lui signaler gentiment—avec juste assez de social shame—qu’il vient probablement de transférer une partie de sa job de communication au reste de l’équipe.
J’ai trouvé ça drôle et utile. Assez pour en faire un PSA.
Pis avant de juger les lanceurs de grenades, mea culpa : j’en ai lancé moi aussi.
Après tout, pourquoi pas?
La rationalisation vient facilement :
Ces modèles-là sont plus intelligents que moi sur un paquet d’affaires… plus précis. Ils ont accès à mon codebase, à mes fichiers de contexte, à mes anciennes conversations. Ils connaissent déjà pas mal ma compagnie…

Mon petit Bilbo intérieur regarde l’Anneau : after all, why not?
Pourquoi je ne transférerais pas simplement la réponse de l’AI?
C’est arrivé récemment avec notre plateforme web.
J’ai demandé à un agent d’analyser le codebase et de trouver des vulnérabilités, des problèmes qu’on aurait manqués.
Il a fouillé partout. Il m’a sorti un rapport propre, détaillé, avec une longue liste de points qui avaient l’air sérieux.
Je connais assez peu le code pour que ça sonne très crédible et urgent.
Fait que j’ai envoyé le rapport à un dev qui m’aidait avec la plateforme.
Sa réaction ressemblait à « Okay… mais y’a des points là-dedans qu’on a déjà réglés. Pis d’autres qui sont pas vraiment exacts. »
Oops.
J’avais donné un contexte incomplet à l’agent : certaines décisions prises pendant le projet lui manquaient, et des correctifs avaient déjà été faits. Pis moi, j’avais pas pris le temps de comprendre les enjeux avant de transférer son analyse.
J’ai demandé à un humain de vérifier un rapport que j’avais pas vérifié moi-même.
J’ai KOBE une solide slop grenade dans notre Slack.
Ça m’a coûté du temps. Ça en a coûté au dev aussi. Tout le monde a perdu, sauf Anthropic.
Protip: plus le domaine t’est étranger, plus le rapport AI va avoir l’air crédible.
L’insight à garder en tête :
Générer coûte presque rien. Consommer, vérifier et décider coûtent encore cher.
Qui doit lire ça?
Chaque communication assistée par l’AI devrait passer un test assez simple : qui va consommer l’information, pis qu’est-ce qui doit arriver après?
Un agent doit faire la job.
Go all-in. Donne-lui un document bien structuré. Les URL. Les contraintes. L’historique des décisions. Les exemples. Les critères qui vont lui permettre de savoir si sa job est bonne.
Un agent peut manger un mur de contexte sans soupirer dans Slack une seconde.
Un humain va passer la puck à son agent.
Le document peut rester détaillé. Mais j’ajouterais un mini DM humain au-dessus : pourquoi je l’envoie, ce qu’il contient, pis ce que son agent devrait en faire.
yo! j'ai regroupé tout le contexte sur la refonte frontend dans ce doc-là. tu peux le donner à ton agent pour challenger notre approche avec. ce qui m’intéresse surtout, c’est ton avis sur A) la nouvelle stack et B) le niveau de dette technique. ping-moi si quelque chose manque ou semble pas clair. je retourne finir Hollow Knight pendant que Codex travaille à ma place.
L’humain reçoit une vraie communication. Son agent reçoit une bonne source.
Un humain doit lire, décider ou me donner du feedback.
Là, c’est à moi de faire la job d’édition. Résumer ce qui compte. Nommer mon intention. Poser ma question assez clairement pour que la personne puisse répondre en un seul échange.
Les détails peuvent venir ensuite, dans un document ou en annexe. Ils restent disponibles sans bloquer l’avancement.
Un humain doit investir pour moi.
Si je veux que quelqu’un lise vingt pages, mette sa réputation sur la ligne, investisse de l’argent ou me donne plusieurs heures de son temps, ma demande devrait montrer que j’ai moi-même investi quelque chose.
L’AI peut m’aider à la préparer. Le message final devrait quand même porter mes empreintes : ce que je veux, pourquoi cette personne-là, pourquoi maintenant, pis l’effort que j’ai déjà mis de mon bord.
Plus la demande coûte cher, plus ma contribution devrait être visible.
C’est aussi le principe de réciprocité de Robert Cialdini appliqué aux comms.
Savoir-vivre numérique
On a déjà appris un paquet de règles pour communiquer en ligne.
ÉCRIRE EN MAJUSCULES donne l’impression de crier. Dans Slack, envoyer seulement « hello » interrompt et force l’autre personne à répondre avant même de connaître la question. Un courriel sans objet a l’air louche. Un @channel pour une affaire non urgente irrite tout le monde.
Les outils permettent tous ces comportements. Les normes sociales nous ont appris qu’ils imposent un coût inutile aux autres.
L’AI ajoute tranquillement une nouvelle règle :
Si j’ai pas le temps de lire ce que j’envoie sous mon nom, pourquoi la personne qui le reçoit aurait-elle le temps de le lire?
Un gros output copié-collé envoie deux messages en même temps. Le message explicite contient ma demande. Le message implicite dit : j’ai sauvé du temps en générant ceci; je te demande maintenant de prendre le tien pour le consommer.
(Sure, un agent peut lire la réponse d’un autre agent. Mais ça devient quand même risky dès que les humains ont des niveaux de pouvoir ou d’imputabilité différents.)
La personne de l’autre bord voit pas le prompt brillant, les heures passées à entraîner mon agent ou tout le contexte qu’il possède. Elle voit le résultat.
S’il est long, générique, répétitif ou un peu à côté de la plaque, elle peut conclure que je l’ai pas vraiment lu. Le raccourci envoie aussi un signal : t’as pas pris le temps de rendre ça clair pour moi, donc tu prends probablement pas ma contribution très au sérieux.
Mon intention peut être bonne et le contenu factuellement solide. La perception négative peut quand même coller. Ça érode ma crédibilité, la confiance de l’autre et son envie de m’accorder de l’attention la prochaine fois. C’est le coût réputationnel de la slop grenade.
Le compte X de Brian Chesky s’est fait pirater récemment.
Le pirate a publié un long thread généré par l’AI sur la tokenisation d’actifs. Avant qu’on sache que le compte avait été compromis, les réponses accusaient déjà le CEO d’Airbnb d’avoir publié du claudeslop non filtré.
Pour ben du monde, l’explication la plus plausible était qu’un CEO avait simplement mis son nom sur un texte d’AI. Sa réputation a absorbé l’explosion avant même qu’on sache la vérité.
La trappe à paresse
Pis le point le plus inconfortable : l’AI peut devenir une trappe à paresse.
Son efficacité me permet de sauter l’étape où je comprends, tranche et édite, tout en me donnant l’impression d’avoir fait une job sérieuse. Du professionnalisme de surface.
Donc ligne directrice :
Chaque fois qu’un message part sous mon nom, je deviens responsable de l’effort qu’il demande et de l’impression qu’il laisse. Mon agent peut m’aider à penser et à écrire. Ma signature vient avec une job de supervision humaine.
Avant d’appuyer sur send
J’écris ce PSA pour moi autant que pour toi. Je suis déjà tombé dans cette trappe-là. Pis j’ai garoché quelques slopnades.
Donc toi et moi, avant notre prochain envoi, on vérifie quatre affaires :
Qui va réellement consommer ça : un humain ou un agent?
Qu’est-ce que cette personne doit comprendre, décider ou faire?
Est-ce que j’ai moi-même lu et compris ce que j’envoie?
Est-ce que j’ai respecté son temps autant que le mien?
Si la réponse à la troisième+quatrième question est non, ben guess what : t’as une goupille dans la paume pis ta team a une slop grenade qui lui pète dans la face.
L’AI a rendu la production presque illimitée. Notre attention, elle, est restée exactement où elle était. AKA fracturée et sursollicitée AF.
—
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Cheers,
Frank 💜
On est très proche du ‘‘sold out’’ 🚨
Il ne reste que quelques billets.
On vous le répète depuis quelques jours. C’est le temps ou jamais.
On ne pourra pas faire d’exceptions et ajouter des places. 250 places max.
Allez hop 👇
Code, contrats pis cocktails 🍸
Guillaume de Leviat Legal a passé sa carrière dans les coulisses des deals tech : plus de 850 M$ en valeur de transactions avec des startups en croissance.
Le mercredi 9 septembre, il sort du bureau pour donner la présentation principale du Cocktail 5à7 Rivemont MicroCap, Spécial Technologie : les tendances du secteur tech, pis deux compagnies publiques qui pitchent en direct.
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Un IDE qui commence par les specs 👻

Générer du code, c'est rendu facile. Garder une trace claire du raisonnement derrière, pas mal moins.
L'équipe chez Unicorne vient de publier un article sur Kiro, l'IDE agentique d'AWS qui remet les specs au centre : user stories, critères d'acceptation pis design docs avant que les agents touchent au code.
Et dernier rappel : leur meetup IA agentique avec AWS (du prototype à la prod), c'est jeudi le 27 août à Montréal. 🍕+🍺 sur place.
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Merci tellement à tous nos SaaSpals. Votre support nous motive BIG TIME.
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